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vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 mai
Place Sainte Croix - Nantes

Foire baroque.
Polichinelle Woltche-Roland
Le Théâtre royal de Toone
et Les Menus Plaisirs du Roy

1 – Foire baroque, Place Sainte Croix

Parades et baraques, spectacles déambulatoires et sur tréteaux
vendredi 27 mai - de 18 h à 20 h 30
samedi 28 mai - de 10 h à 21 h
dimanche 29 mai - de 10 h à 19 h

Il s’agit de la reconstitution d’une foire baroque sur les modèles des foires parisiennes Saint Laurent et Saint Germain qui connurent un immense succès au XVIIe et XVIIIe siècle. La créativité des entrepreneurs des théâtres forains, leur ingéniosité à contourner les différents interdits imposés par les privilèges de l’Académie de Musique et de l’Académie française, donnent naissance à un nouveau genre musical connu sous le nom d’opéra comique. Il s’agit de la reconstitution d’une foire baroque recréant l’ambiance burlesque des spectacles forains de l’époque, avec :

- ses artisans : luthiers, ferronniers, portraitistes, chocolatiers, …
- comédiens, musiciens, jongleurs….
- un spectacle musical de marionnettes : Polichinelle Woltche-Roland par le Théâtre royal de Toone et Les Menus Plaisirs du Roy : comédien, chanteuse, marionnettes et musiciens

Foire baroque et théâtre de la foire
Louis XIV, monarque vieillissant, n’en finit pas de ne pas vouloir mourir et les plaisirs semblent avoir déserté la Cour à jamais. Les “grands” n’ont cependant plus l’apanage du divertissement. Une frange nouvelle de population accède au monde des arts, par la finance. La bourgeoisie, après avoir copié servilement le modèle aristocratique, imposera bientôt ses propres valeurs. C’est cette société en pleine mutation, mais déjà toute dominée par l’argent, que nous dépeint le théâtre forain. Si ce dernier est subversif, ne fût-ce que dans son combat pour acquérir le droit à la parole, à aucun moment il ne se présente comme un spectacle engagé. La Foire constate, pour en rire et faire rire, les tares et les imperfections du monde qui l’entoure. Au-delà de l’esprit de dérision qui le caractérise, le théâtre de Polichinelle utilise la satire, le burlesque, la raillerie et l’irrespect, développe une morale basée sur la propriété. Jouissance et possession sont les deux mamelles de la Foire.
En jugeant la marionnette et le théâtre forain dans son ensemble indignes de figurer sur ses tablettes, la critique littéraire occulte un corpus théâtral qui parodie et satirise les représentants patentés de la culture officielle. Parce qu’ils ne sont assujettis à aucune contrainte dramatique comme le respect des trois unités si chères aux auteurs classiques, parce qu’ils ne sont pensionnés ni par le Roi ni par un quelconque quidam, les Forains prennent l’habitude de s’écarter d’une bienséance compassée. La rupture avec la convention permet une diversité débridée. Le temps et l’espace ne sont plus des carcans rigides mais des auxiliaires extraordinaires qui engendrent des scènes proches du surréalisme. La Foire puise son efficacité dans l’affrontement des genres et des codes. Elle ne mélange pas les ingrédients qui contribuent à sa réussite; elle préfère toujours une juxtaposition, une franche opposition à une mixture dépourvue de saveur. Sur la scène de Polichinelle s’affrontent ainsi le jeu ampoulé des Romains et la verve corporelle des Italiens. La déclamation emphatique des premiers, leur statisme et la grandiloquence de leur rhétorique gestuelle devaient paraître singulièrement ridicules en regard des commentaires irrévérencieux des disciples de notre bossu. Ajoutez à cela les codes imposés par les aléas de l’histoire foraine, l’usage obligatoire du chant par exemple, et vous obtenez un spectacle qui aujourd’hui encore possède sa propre efficacité, en dehors de toute considération.
C’est à ce théâtre que s’attache depuis de nombreuses années la Compagnie des Menus Plaisirs du Roy renforcée, pour l’occasion, par le prestigieux Théâtre royal de Toone, garant de la verve et de la gouaille des comédiens de bois du temps présent.

La Foire baroque est créée au Printemps baroque du Sablon (Bruxelles) en avril 2005 

Bernard Mouton direction artistique du Printemps baroque du Sablon (Belgique)
Musicien et musicologue de formation, Bernard Mouton partage son emploi du temps entre la pratique instrumentale et l’organisation de concerts. En tant que flûtiste à bec, il dirige l’Ensemble Fin’ Amor, formation instrumentale et vocale spécialisée dans l’interprétation du répertoire monodique du XIIe au XIVe siècle. Il est également membre fondateur de La Roza Enflorese qui interprète depuis 2000 le répertoire profane séfarade dans l’esprit d’une rencontre entre musiques anciennes, traditionnelles et actuelles. Il a enregistré un premier CD consacré aux Cantigas de amigo de Martin Codax pour le label Musica Ficta, et deux albums de chants séfarades avec La Roza Enflorese : Sefarad et La Vida es un pasahe pour le label Pavane Records. En 1990, il crée à Rochefort (Belgique), Musique au Comté, festival de musique ancienne. En 2001, l’association Opus 3 lui confie la direction du festival des Midis-Minimes, festival bruxellois qu’il développe à Leuven et prend la direction artistique du Printemps baroque du Sablon. C’est dans ce cadre que Bernard Mouton, en association avec Jean-Luc Impe et Françoise Rubellin, est conseiller artistique dans la réalisation de la foire baroque à Nantes.

Françoise Rubellin, Directeur du centre d’études des Théâtres de la Foire
Françoise Rubellin, professeur à l'Université de Nantes et spécialiste du théâtre du XVIIIe siècle (auteur notamment d'ouvrages sur Marivaux et d'éditions de théâtre), est responsable du Centre d'étude des théâtres de la Foire au sein de l'équipe de recherche Textes, Langages, Imaginaires. Elle a organisé, en avril 1999 à Nantes, le premier colloque international sur les théâtres de la Foire. Son centre de recherche s'attache à transcrire et à éditer les centaines de manuscrits inédits conservés dans les bibliothèques parisiennes.
Pour la Foire baroque, Françoise Rubellin est chargée de coordonner la reconstitution d'une ambiance de foire sur la place Sainte Croix assistée de Juliette Marcadier, médiatrice culturelle,coordinatrice de la foire pour les marchands et les animations et deThierry Pillon, comédien, metteur en scène, directeur de la Compagnie l'Eternel Ephémère (a mis en scène récemment : Iphigénie, Le Songe d'une nuit d'été, Héroïnes.
A Paraître en mai 2005 sous sa direction un livre : "Théâtre de la Foire, anthologie de pièces inédites (1712-1736)", aux Editions Espaces 34 (Montpellier).

2 - Spectacle musical de marionnettes : Polichinelle, Woltche-Roland

samedi 28 mai à 12 h et 15 h et dimanche 29 mai à 10 h 45 et 15 h
Deux célèbres compagnies de la Communauté française de Belgique sont réunies pour créer un spectacle de marionnettes XVIIIe original. D’une part, le Théâtre royal de Toone, garant d’un art des comédiens de bois populaire bruxellois depuis 8 générations, et d’autre part l’ensemble Les Menus Plaisirs du Roy, placé sous la direction de Jean-Luc Impe, spécialiste des reconstitutions historiques et des recréations de spectacle à partir du répertoire des marionnettistes du XVIIIe siècle.

Argument initial : Angélique, fille de l’Empereur de Chine, Reine de Catay, est envoyée auprès de la cour de Charlemagne, pour détruire de ses armes magiques la puissance du monarque. Poursuivie pour ses charmes par les chevaliers de l’Empereur, elle fait l’objet aussi des avances de Roland, preux chevalier, éperdument amoureux d’elle. Grâce à un anneau magique, elle peut lui échapper à tout moment, ou lui faire croire à son amour. Celle qui s’était refusée à tous tombe alors amoureuse de Médor, suivant d’un prince maure et ennemi de Roland. Amour partagé, mais dilemme affreux. Elle cède aux charmes de Médor, malgré les conseils de sa suivante Temire. Elle le désigne comme nouveau roi et disparaît avec lui. Au cours d’une fête champêtre, Roland apprend, par Bélise et Coridon, les amours d’Angélique et Médor. Il perd la raison et devient fou.

La parodie : elle suit, en condensant toutefois les épisodes, la trame du livret. Elle transporte le monde de la chevalerie romanesque dans celui bien plus terre à terre, du milieu rural afin d’augmenter le burlesque des situations. Angélique passe du statut de Reine de Catay à celui de fermière, Roland (Woltche), de preux chevalier qu’il était, devient un soudard, Médor (sous le nom de Butor) n’est plus l’écuyer d’un monarque africain mais le domestique chéri de la fermière. L’un des passages les plus truculents tient dans l’ambassade envoyée par Roland à sa maîtresse. La fatuité du chevalier qui, pas un moment ne doute de son charme, est brocardée de la plus cinglante façon par Woltche et les siens. Offrir des cadeaux c’est bien, encore faut-il savoir quoi, comment et à qui. A la vue de tant d’attention, Angélique n’a qu’un désir : mettre au plus vite de la distance entre Roland et elle. Mais la scène la plus attendue est assurément celle de la folie de Roland. En lieu et place de paysages romanesques, bucoliques ou tourmentés, l’auteur de la parodie nous convie au …cabaret. 

Polichinelle Woltche-Roland est une production du Printemps baroque du Sablon (Bruxelles)

Théâtre royal de Toone – Toone VII et Toone VIII
la Maison de Toone, diminutif bruxellois d’Antoine, est tout à la fois un estaminet typique, un théâtre de marionnette, un atelier de confection des poupées, une bibliothèque, une vidéothèque et enfin un musée de la marionnette, où pendent les retraités de la scène, héros de Toone du passé et personnages-fétiches de confrères marionnettistes du monde entier. Le nom de Toone ne se transmet pas nécessairement de père en fils, le nouveau Toone doit être adopté à la fois par son prédécesseur et par son public populaire. Le plus ancien Toone remonte à 1830 et s’appelait Antoine Genty ; il a mené jusqu’en 1890, le jeu d’Oursonet de Valentin, de Vivier et Malgase, des Quatre Fils Aymon et de quelques œuvres d’inspiration religieuse. Toone II (1848-1895) dit Jan van de Marmit se nommait François Taelemans. Il a conduit le jeu jusqu’à sa mort. Georges Hembauf (1866-1898), Toone III, reçut sa formation de marionnettiste de son prédécesseur.Jan Schoonenburg (1852-1926) dit Toone de Crol est victime de la concurrence des salles de danse et des cafés chantants et finit par perdre son public. Son fils, Jean-Baptiste Hembauf (1884-1966), dirige le théâtre pendant trente ans sous le nom de Toone IV. Il crée, le 30 mars 1934, Le Mystère de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, joyau pour marionnettes que Michel de Ghelderode a recueilli d’après la tradition orale. Daniel Vanlandewijck (1888-1938) officiera en tant que Toone V dans une cave de l’Impasse Sainte-Thérèse qui sera fermée pour cause d’insalubrité. Pierre Welleman (1892-1974), prend la relève dans l’Impasse de Varsovie sous le titre de Toone VI. Mais pendant la guerre, la maison est bombardée et 75 poupées sont détruites. La désaffection du public est croissante. Jef Bourgeois, conservateur du théâtre va sauver les marionnettes, en créant le groupement «Les Amis de Toone». Celles-ci trouveront provisoirement refuge dans les caves de la Maison du Roi, sur la Grand Place de Bruxelles. José Géal, qui a connu un grand succès avec La Tentation de Saint-Antoine, assure la continuité de la dynastie des Toone et est intronisé Toone VII en 1963. Il installe le théâtre dans une maison délabrée de l’Ilot Sacré inaugurée en avril 1966, avec La Passion de Michel de Ghelderode. En septembre 2000, il cède sa place à son fils Nicolas Géal, qui interprète seul toutes les voix de Duvelor ou la Farce du Diable vieux de Michel de Ghelderode. Il est intronisé Toone VIII et interprète Geneviève de Brabant, opéra pour marionnettes d’Erik Satie, accompagné au piano par Pierre-Alain Volondat, lauréat du Concours International Reine Elisabeth en 1983.

Les Menus Plaisirs du Roy
On donnait le nom de Menus Plaisirs à certaines dépenses du Roy, dépenses réglées par une administration particulière, dépendant de la Chambre de Sa Majesté, ayant pour objet l’organisation de fêtes ou réjouissances d’un caractère plus intime. Les marionnettistes ou acteurs forains ayant eu le bonheur de se produire devant Louis XIV ne manquaient pas de revêtir le titre honorifique de «Joueurs des Menus Plaisirs du Roy».En 1989, Jean-Luc Impe fonde avec Catherine Daron la Compagnie des Menus Plaisirs du Roy avec laquelle il reconstitue les spectacles d’opéra-comique pour marionnettes et acteurs forains du XVIIIe siècle. Cet ensemble, très rapidement articulé autour des deux membres fondateurs et de Patrick Waleffe, est actuellement composé de musiciens de renommée internationale et regroupe en son sein des artisans et décorateurs, tous spécialisés dans la machinerie et les techniques théâtrales anciennes.
A l’instigation du Festival d’Ambronay et en collaboration avec la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, sous la direction de Jean-Claude Malgoire, la Compagnie des Menus Plaisirs du Roy a monté l’Alceste de Quinault et Lully qui fut présentée dans sa version tragédie lyrique et, en contrepoint burlesque, sous forme parodique au moyen de marionnettes, de comédiens et de chanteurs ; puis en 1997, la tragédie lyrique Persée de Quinault et Lully. Pour le 20e anniversaire du Festival de Sablé, la compagnie a recréé La Provençale de Mouret ainsi que La Fille mal gardée de Favart et Duny.
Jean-Luc Impe et les Menus Plaisirs du Roy ont présenté Atys travesty de Lully mis en scène par Philippe Lénaël, lors de l’édition de 1996 du Printemps des arts de Nantes.
Ils sont régulièrement les invités des universités les plus prestigieuses lors de colloques ou de cours magistraux, et se produisent dans les plus grands festivals de musique ancienne à travers le monde.
Les Menus Plaisirs du Roy préparent cette année l’enregistrement de vaudevilles et petits airs tendres du Grand Siècle ainsi que de chants estudiantins populaires au XVle siècle (CD l’Altra Nocte).

Jean-Luc Impe théorbe & direction
Après une formation musicale classique, Jean-Luc Impe obtient la licence en musicologie à l’Université Libre de Bruxelles. Il se consacre alors entièrement à la pratique du luth puis se spécialise rapidement dans la pratique de la basse continue sur le théorbe et l’archiluth. En tant que soliste, il enregistre pour la RTBF, les radios allemandes et italiennes, et participe aux activités des ensembles Capilla Flamenca, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy… Avec l’ensemble Il Cortegiano, il enregistre un CD de musique italienne. En compagnie de ces ensembles, il se produit fréquemment lors des plus grands festivals de musique baroque.En 1989, il fonde la compagnie des Menus Plaisirs du Roy avec laquelle il collabore aux spectacles d’Alain Carré et à l’élaboration d’un spectacle d’opéra pour marionnettes du XVIII siècle. Actuellement, il prépare l’édition complète du corpus théâtral dévolu aux comédiens de bois à l’époque et vient de soutenir une thèse sur la musicalisation des pièces de théâtre de marionnettes dans la première moitié du Siècle des Lumières. Les premiers résultats de ses recherches ont été publiés par l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières en septembre 1994. Les universités de Nantes, de la Sorbonne et de la Sapienza à Rome s’attachent régulièrement les services de Jean-Luc Impe lors de colloques spécialisés ou à l’occasion de cours réguliers. Il est actuellement professeur au conservatoire de Nice.

Patrick Waleffe metteur en scène & comédien
Patrick Waleffe commence sa carrière au Théâtre National de Belgique où il joue notamment dans Des Filles, des Garçons de Y. Keuls, Tanzi ou la Guerre des Sexes de C. Luckham et La Vie Parisienne de J. Offenbach, Le PicNic mis en scène par Y. Hunstad, Marylin et Staline vont en avion sous la direction d’Albert-André Lheureux ou encore au NTB dans Léonce et Léna de Büchner. Cet incorrigible touche-à-tout rencontre alors le Théâtre Jeune Public avec Les Couronnes du Roi dont il écrit le scénario. Ce spectacle, créé en 1984, rencontre un vif succès et est joué près de 500 fois en Belgique et à l’étranger. Il fait également un long parcours avec Herbert Rolland au Théâtre de la Vie : Britannicus de Racine, Le Médecin Malgré Lui de Molière, La Nuit des Rois de Shakespeare et près de 200 représentations des Fourberies de Scapin. Il rencontre Les Menus Plaisirs du Roy et Jean-Luc Impe en 1994, et crée avec eux trois parodies pour marionnettes baroques : Atis Travesty, Alceste et Polichinelle Persée. Parallèlement à sa carrière d’acteur, il écrit de nombreuses musiques de scène, participe au tournage de quelques films, Toto le Héro, Le Pantalon. Il a mis en scène et joué dans Amphitryon de Molière ainsi que dans Héritage, comédie musicale pour laquelle il signe également la musique.

Mathilde Etienne soprano
Après avoir étudié les lettres et pratiqué l’art dramatique, Mathilde Etienne se consacre au chant lyrique. Elle étudie auprès d’Anne-Marie Rodde, Greta de Reyghere, Rachel Yakar et Micaëla Etcheverry. Elle se spécialise par la suite en musique ancienne au C.N.R. de Paris dans la classe de Michel Laplénie, Howard Crook, Sophie Boulin et Kenneth Weiss. Elle est lauréate du concours Léopold Bellan et du concours d’art lyrique de Vivonne. Elle a chanté sous la direction de chefs tels que Frans Brüggen, Gabriel Garrido, Martin Gester, William Christie, Hervé Niquet, Michaël Schneider, Jordi Savall, Philippe Pierlot, Graham O’Reilly, Gérard Lesne, Antonio Florio… mais également de la musique romantique avec Marc Minkowski et Myun-Wun Chung. On a récemment pu l’entendre dans le rôle-titre d’Esther de Charpentier avec le Parlement de Musique, le Te Deum et les Grands Motets de Charpentier, toujours avec Martin Gester, la Selva Morale de Monteverdi avec Gabriel Garrido, ainsi que dans le rôle de l’Amour dans la production des Indes galantes dirigée par Frans Brüggen. 

 
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