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Samedi 28 mai – 17 h
Musée des Beaux-Arts de Nantes – salle XVIIe s.
Ensemble Daedalus
Direction Roberto Festa
Amorosi Veleni
L’évolution du madrigal à Naples, à l’aube du XVIIe siècle
Giovanni Trabaci (1575-1647) Consonanze stravaganti - Gagliarda cromatica detta La Trabacina
Scipione Stella (1601-1635) Stabat Mater dolorosa
Pomponio Nenna (1550-1613) Tenebrae factae sunt - L’amoroso veleno - Mercé, grido piangendo
La mia doglia s’avanza
Maurizio Cazzati (1620-1677) Alemana detta la Ghisilardi - Ballo delle Ombre
Carlo Gesualdo Da Venosa (1560-1613) Sparge la morte - Cor mio, deh non piangete- Mercé, grido piangendo
Les quatre premières compositions connues de Nenna apparaissent dans le Primo e Secondo Libro Delle Villanelle Alla Napolitana de diversi Musici di Barri; raccolte per Ioanne de Antiquis (Venise, Gardano 1574). Cette anthologie, qui rassemble les œuvres de dix-huit auteurs différents, tous originaires des Pouilles, est un témoignage précieux du ferment musical de Bari, qui n'ont jamais formé une école propre mais ont été intégrés, de nos jours, aux représentants de l'école musicale napolitaine.
En 1582, paraît sur les presses de Bartolomeo Magni à Venise, Il primo Libro de madrigali a cinque voci ; l'œuvre s'ouvre sur la canzone à six parties Poichè legato il piè mi tien si forte, dédiée au duc Fabrizio Carafa qui, la même année, avait confié à la famille de Nenna le gouvernement de la ville d'Andria. Il est impossible d'établir avec certitude à quel moment Nenna fut invité à la cour napolitaine de Carlo Gesualdo, prince de Venosa et nous ne possédons aucune preuve nous permettant d'affirmer que Nenna ait été le maître du Prince. La deuxième pièce du recueil – Sonno, scendesti in terra, madrigal composé par Stefano Felis, est un hommage évident à son maître supposé. Après une relation de profonde estime réciproque, née de leurs évidentes affinités stylistiques et expressives, les rapports entre les deux artistes se sont dégradés et Gesualdo en est venu à considérer Nenna comme un concurrent. Les neuf titres communs de leur production madrigalistique constituent le signe évident de cette rivalité naissante pouvant conduire jusqu’au veto à la publication de deux des livres de madrigaux et à de lourdes accusations de plagiat à l'encontre de Nenna. Se libérer de l'influence du Prince et fuir l'ambiance étouffante de Naples apparaît déjà comme une évidence avec la publication du Quarto Libro dei Madrigali a cinque voci. Cette œuvre, en effet, dont nous ne connaissons que les réimpressions vénitiennes de 1609 et 1617, est dédiée à Martio Colonna, duc de Zagarolo et mécène romain. Étranger, lui aussi, à la société napolitaine, est Fabrizio Brancinforte, Premier Grand d'Espagne en Sicile et dédicataire du Quinto Libro dei Madrigali a cinque voci.À la recherche de soutien et de garanties suffisantes, Nenna se tourne vers Alessandro Miroballo pour pouvoir publier les Responsorii di Natale e Settimana Santa (Sottile, Naples 1607). Miroballo, qui aide la publication de nombreux recueils musicaux, apparaît lui-même en tant que compositeur dans une anthologie de Canzonette e Madrigaletti spirituali a 2 e 3 voci, publiée à Naples en 1610.
Ce n'est qu'en 1608, que Pomponio Nenna obtint une protection digne de lui. À la cour romaine de Francesco Borghese, passionné de beaux-arts et frère du pape Paul V, notre musicien trouva l'inspiration de son Settimo libro dei Madrigali a cinque voci. Au rare discernement de son mécène, nous devons également la publication des Fantasie a 4 voci de Girolamo Frescobaldi, première œuvre instrumentale du musicien ferrarais.
Préparée par le napolitain Nicola Tortamano, l'édition du Primo Libro dei Madrigali a quattro voci de P. Nenna paraît en 1613. Cela ne nous autorise pourtant pas à supposer que le compositeur se soit éloigné de la cour des Borghese. Il y avait trouvé, en effet, l'estime et l'affection qu'il avait si longtemps espérées et qui ne l'abandonneront plus jusqu'à sa mort, voire au-delà. La publication posthume de l'Ottavo Libro dei Madrigali a cinque voci (Rome, 1618) et des Sacrae Hebdomedae Responsoria (Rome, 1622) sont la preuve évidente de l'estime où l'on tenait, à Rome, les compositions de Nenna. Ferdinando Archilei prépare l'édition de ces deux ultimes recueils. Les réimpressions et les copies manuscrites des œuvres de Nenna furent nombreuses, dans les années qui ont suivi sa mort. Il est intéressant de citer, parmi elles, les rédactions anglaises de ses cinquième et sixième livres de madrigaux, appréciés bien au-delà des frontières de l'Italie, et dans lesquelles on a remplacé le texte original par un texte dévotionnel en anglais. D'innombrables citations et références, dans les écrits théoriques et les chroniques du XVIe siècle, confirment la popularité acquise par les compositions de Nenna. Le dernier à se rappeler ses incomparables qualités de madrigaliste fut Ludovico Fuga en 1720.
Ensemble Daedalus
Monika Mauch : soprano
Ulrike Hofbauer :soprano
Audrey Burgener : alto
Josep Benet : ténor
Bernd Lambauer : ténor
Josep Cabré : baryton
Philippe Roche : basse
Markus Tapio : viole de gambe
Sylvia Abramowicz : viole de gambe
Silvia Tecardi : viole de gambe
Brigitte Gasser : viole de gambe
Renée Stock : viole de gambe
Roberto Festa : flûte, direction
Fondé à Genève en 1984, l’Ensemble Daedalus, réunissant à l'origine des artistes venus du Centre de Musique Ancienne de Genève et de la Schola Cantorum Basiliensis, consacre les deux premières années de son activité à la recherche : il débute à Bruges, au prestigieux Festival des Flandres, et à Milan, lors de Musica e poesia a San Maurizio. Le succès rencontré à Bruges ouvre la voie à deux collaborations essentielles dans le parcours du groupe : avec Accent, tout d'abord, la maison de disques pour qui l'Ensemble a enregistré ses 8 CD, et RTB 3, la chaîne culturelle de la radio belge, coproductrice de 4 d'entre eux. Il Cantar moderno, premier CD de l’Ensemble, est salué avec enthousiasme par la critique (Diapason d'Or Coup de Cœur). Les collaborations avec les Festivals et les radios, partenaires ponctuels des productions discographiques de Daedalus, s'intensifient : Anvers en 1993 et 1996 ; Beaune en 1994 ; la Radio Suisse Romande Espace 2 en 1995 ; Fontevraud en 1997 et 1998. La presse spécialisée prime l'originalité de cette production : les Canzoni villanesche alla napolitana reçoivent le 10 de Répertoire ; The two Souls of Salomon est célébré, dans les colonnes du quotidien Le Monde, comme un des dix meilleurs disques de 1998 ... un CD hors des sentiers battus. Les universités ouvrent leurs portes à Daedalus et un réseau d'échanges très denses donne lieu à plusieurs projets : Le Génie Impatient, figures musicales de la mélancolie, en collaboration avec l'Université et la Ville de Genève (1997) ; Saturno y la Polifonia avec l'Université Catholique de Buenos Aires (1998) ; Musa Latina avec l'Université d'Innsbruck (1999) ; Oracola Sybillina avec l'Université de Nantes en 2001.En 1994, Daedalus réalise la représentation intégrale de La Purpura de la Rosa (Lima, 1701), de Tomás Torrejon y Velasco, première œuvre scénique sud-américaine, en collaboration avec le Teatro Lirico della Città di Messina et le Teatro Comunale di Bologna. Pour Bologne 2000, capitale européenne de la culture, l'Ensemble monte L' Aurora Ingannata de G. Giacobbi. En août 2001, il présente à Genève, dans le cadre du Festival Amadeus, La Favola di Orlando de l'Orlando Furioso de l'Arioste. L'Ensemble Daedalus bénéficie de l’assistance de Brenno Boccadoro, docteur en musicologie à l'Université de Genève.
France Musiques en direct du Musée des Beaux-arts, le samedi 28 mai de 15h à 18h
15 h : émission publique de Jean-Michel Damian Cordes sensibles invités : Philippe Beaussant, Roberto Festa…
17 h : diffusion du concert en direct
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