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Historique

Mêler les jeunes talents aux artistes les plus prestigieux, être un foyer de créations, illustrer la fusion des Arts, enfin, valoriser le patrimoine architectural : tels auront été les axes du développement du Printemps des Arts depuis vingt ans, voulus et mis en œuvre par Philippe Lénaël.

Impossible de citer ici la multitude de grands noms invités du Festival : Rinaldo Alessandrini, Fabio Biondi, Giuliano Carmignola, William Christie, Enrico Gatti, Kenneth Gilbert, Christopher Hogwood, Jos van Immerseel, René Jacobs, Gustav Leonhardt, Emilio Moreno, Quatuor Festetics, Quatuor Kuijken, Quatuor Mosaïques, Trevor Pinnock, Yvette Piveteau, Jordi Savall, Rachel Yakar… ; certains d’entres eux ont contribué à assurer l’assise du Festival, y revenant plusieurs fois notamment Paul Colléaux, Daniel Cuiller, Sigiswald Kuijken, Marie-Geneviève Massé, Iakovos Pappas, Christophe Rousset. Mais Philippe Lénaël a toujours voulu promouvoir aussi de jeunes solistes ou de jeunes ensembles, et fut parmi les premiers à programmer à leurs débuts les Talens Lyriques de Christophe Rousset ou encore l’ensemble Almasis (Iakovos Pappas), Da Pacem (Pierre-Alain Charpy), le tout jeune claveciniste Bertrand Cuiller, l’ensemble Amarillis, les chanteuses Claire Brua, Isabelle Desrochers puis Raphaële Kennedy, Nuria Rial…

Douze créations de Philippe Lénaël auront été produites par le Printemps des Arts durant ces vingt années, dont une pièce Les Tourments d’une Passion d’après Julie de Lespinasse, avec l’actrice Anne Houdy (1989), deux spectacles de marionnettes (Zémire et Azor de Grétry en 1997 et Le Médecin Malgré Lui de Molière en 1999) et huit spectacles lyriques : Le Cantique Spirituel de St Jean de la Croix (1986 ; idée et montage Philippe Beaussant – repris ultérieurement sous le titre Nuptiae Sacrae), La Pastorale de Noël de Marc-Antoine Charpentier créée en 1989 avec Christophe Rousset et qui devait connaître une heureuse fortune à l’extérieur du Festival, Les Passions Magnifiques (1990) sur les madrigaux guerriers et amoureux de Monteverdi, L’École d’Orphée (1991), avec les chanteuses Claire Brua et Isabelle Desrochers (airs de cour du XVIIe siècle français), deux mélodrames de J. Benda Ariane à Naxos et Médée co-produits avec le Printemps des Arts de Monaco en 1993, avec l’actrice Ophélia Teillaud et l’Orchestre de Bratislava (Peter Zajicek) sous la direction de Christophe Rousset, L’Isle des Foux de Duni dirigé par Iakovos Pappas (1998), Chansons Cour, Chansons Jardin (1999) également avec Iakovos Pappas.

Florilège Baroque (2000) sur le thème Musique et Poésie avec le comédien Stéphane Jaouen et la violiste Claire Antonini.
Rameau en Clair-Obscur (2001) avec Daniel Cuiller et l’Orchestre Stradivaria d’après l’Opéra Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau ; cinq autres représentations de ce spectacle ont pu être données en 2002 à Luçon (85), Angers (49) et à l’Opéra Royal de Versailles.

Deux autres mise en scène et mise en espace de Philippe Lénaël, produites par d’autres structures, ont été accueillies par le Printemps des Arts : Pygmalion de Rameau (1984) produit par l’I.M.D.A. de Philippe Beaussant en 1983, Histoires Sacrées de Marc-Antoine Charpentier (1994) créées la même année à Prague par le Studio Versailles Opéra et Paul Colléaux.

Très tôt Philippe Lénaël a nourri l’ambition de montrer la diversité des arts baroques : musique sous toutes ses formes, spectacles lyriques comme indiqués ci-dessus mais aussi ballets dont plusieurs créations (les Ombres du Soleil en 1986 avec Marie-Geneviève Massé et l’Éventail, le Ballet des Masques en 1993 par les mêmes, Sarabande pour Jean-Philippe en 1988 de Francine Lancelot/Béatrice Massin), spectacles de marionnettes (les deux créations indiquées ci-dessus, mais aussi Hansel et Gretel avec les marionnettes de Nantes de Monique Créteur), spectacles poétiques (l’ineffable Cirque Rasposo…), expositions (décors et costumes d’opéras en Bohème du XVIIIe siècle, costumes d’opéras de Thierry Bosquet, grande maquette d’opéra baroque etc.).

Enfin, tout cela joint à la richesse du patrimoine architectural, que Philippe Lénaël a toujours cherché à valoriser : à Nantes même le Théâtre Graslin, la Cathédrale, l’Église Ste Croix, le Château des Ducs de Bretagne, le Château du Grand Blottereau, le Musée Dobrée, la Chapelle de l’Oratoire, avec une mention toute spéciale au Musée des Beaux-Arts qui depuis vingt ans est le lieu privilégié des concerts de musique de chambre du Printemps des Arts ; dans l’ensemble de la Région des Pays de la Loire aussi : en Vendée si riche en monuments anciens (La Flocellière, le Prieuré de Grammont, Luçon, l’Abbaye d’Orbestier, le Logis de la Chabotterie, Sallertaine), en Loire-Atlantique (l’Abbatiale carolingienne de St Philbert de Grand Lieu, St Aignan de Grand Lieu avec son nouvel orgue), en Maine-et-Loire (la belle Chapelle des Ursules à Angers) ou même, quelques années durant, en Sarthe (La Ferté-Bernard avec son orgue si remarquable).

Magnifier les lieux et la musique tout ensemble a constitué, tout au long de ces vingt ans, une recherche et un plaisir constants.

 
création : cnsx.net